• langue anglaise
  • langue allemande
  • langue bretonne

Sarzeau

Vous êtes ici : Découvrir Sarzeau > Notre commune > Son histoire/

Découvrir Sarzeau

Notre commune

Son histoire

La surface importante de la commune (6000 hectares) explique en partie son organisation en "trêves" (division de la paroisse en sous-ensembles, dirigés par un diacre tenant ses offices dans une chapelle propre à la trêve, le centre-bourg étant trop éloigné pour les habitants des villages périphériques). Si la pratique religieuse est moins forte que sous l'Ancien Régime ou au XIXe siècle, ces trêves continuent à exister dans l'inconscient collectif et les relations quotidiennes; elles sont au nombre de sept :

 

  • Saint-Saturnin (le bourg), cœur de la paroisse,
  • Saint-Maur (villages de Brillac, du Logeo, de Kerassel...),
  • Saint-Martin (villages du Ruault, Saint-Martin, Fournevay...),
  • Saint-Colombier (villages de St Colombier, Kerhouët, Kerentrec'h...)
  • Saint-Démètre (villages de Penvins, la Grée, Banastère...)
  • Saint-Nicolas (villages de Kerguet, Suscinio, Bodérin...)
  • Saint-Jacques (villages de Kerfontaine, Trévenaste, Kerignard, du Roaliguen...)


Lorsque Sarzeau devint une commune pendant la Révolution, son territoire comprenait en outre les trêves de Saint-Armel et Saint-Clair (Le Tour-du -parc), qui obtinrent leur indépendance au cours du XIXe siècle; Brillac et Penvins tentèrent également de faire sécession, mais en vain. Il persiste encore aujourd'hui une distinction entre "gens du Golfe" (aod bihan = petite côte) et "gens de l'océan" (aod braz = grande côte) et les différents groupes de villages conservent en partie leur organisation propre, avec leur mairie annexe (Brillac et Penvins), leur école (autrefois Kerignard et Penvins, aujourd'hui encore St Colombier et Brillac), leurs célébrations religieuses occasionnelles (Notre-dame de la côte à la Grée-Penvins, chapelle St-Jacques à Trévenaste...), voire leur propre paroisse (accordée à Brillac en 1926), leurs commerces (St Jacques, Brillac), leurs propres fêtes (fête de la mer à St-Jacques, moules -partie à Brillac, fêtes médiévales de Suscinio...) et leur bureau de vote. Le tourisme tend à rendre plus ténue cette organisation traditionnelle, tout comme il a contribué à rendre moins sensible (ou moins visible) les spécificités socio-professionnelles de ces groupes de villages : tandis que Sarzeau-bourg monopolisait le commerce et les fonctions publiques, St Jacques et le Logeo étaient surtout constitués de familles de marins, alors que St Colombier, Penvins et Kerguet demeuraient rurales.


Le canton de Sarzeau constitue la limite Sud de la partie bretonnante du diocèse de Vannes (=Bro Gwened). La pratique du breton a décliné au long du XXe siècle, et ce, en plusieurs étapes: d'abord à Arzon, St Gildas-de-Rhuys et au bourg de Sarzeau (années 1900-1930), puis sur les rives du Golfe (entre-deux-guerres), et enfin sur le littoral Sud-Est (années 1940-1970).Aujourd'hui, Penvins, Banastère et Suscinio sont les derniers villages de la presqu'île où l'on trouve encore quelques rares personnes âgées à pratiquer la langue de leurs ancêtres. Ce recul du breton, plus précoce que dans les cantons de l'intérieur du Vannetais, s'explique par plusieurs facteurs : le remplacement systêmatique de cette langue au profit du français dans l'administration, l'interdiction du breton à l'école (fin XIXe siècle), l'acculturation plus rapide des marins à la nouvelle langue, la perception progressivement acceptée par les bretonnants que la langue de Paris incarnait la modernité et la vague du tourisme à partir de 1950. Néanmoins, l'existence d'une filière scolaire bilingue à Sarzeau depuis les années 1990, montre l'attachement d'une partie de la population à son identité et à sa culture, augurant peut-être un renouveau de la pratique du breton dans le canton.